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Leçons tirées d’expériences des média / réseaux sociaux 2/2

6 Décembre 2012, 14:18pm

Publié par Pib

Cet article fait suite au 1er : Leçons tirées d’expériences des média / réseaux sociaux 1/2

2) Partage d’une expérience décevante/ malheureuse d'un réseau social

Plutôt que de partager une expérience malheureuse, je vais essayer de proposer une vision transversale de mes pratiques de collaboration en ligne qui, on l’a vu, dépassent les réseaux sociaux au sens strict.

o ce qu’il s'est passé

J’ai donc pratiqué diverses formes de collaboration en ligne dans un cadre de formation ou dans un cadre professionnel, majoritairement avec des groupes restreints, avec des participants connus (collègues de travail) ou peu ou pas connus (collègues de formation). De plus ma pratique s’est généralement exercée dans des projets à durée limitée (de quelques semaines à 2 ans). Ma posture était soit celle de participant du groupe, soit celle d’animateur de projet soit celle d’administrateur de plateforme. Les objectifs étaient soit d’apprentissage personnel, soit d’initiation de collègues aux joies du Web 2.0, soit la tentative d’installation de pratiques dans la durée. Je me situe plus dans le cadre de communautés» d’apprentissage et de communautés de pratique que dans le cadre de réseaux sociaux en ligne.

Pour variées qu’elles soient, ces pratiques restent à la fois limitées dans le temps, l’étendue et la profondeur ; je pense cependant qu’elles me permettent de tirer quelques conclusions qui peuvent avoir un intérêt pour les réseaux sociaux.

o ce que j’attendais

J’avais beaucoup d’attentes positives par rapport à la collaboration en ligne avec une forte valorisation du principe du partage, de la mutualisation et de la collaboration et cela, de deux points de vue :

- celui de la potentialisation de l’apprentissage : on apprend beaucoup plus (et différemment) dans les interactions avec les autres que dans la seule relation individuelle au contenu d’apprentissage.

- celui de l’amélioration de la productivité : on est nettement plus efficace à plusieurs que tout seul,

- celui, social, si ce n’est citoyen, de nouvelles façons d’être ensemble, de faire communauté dans un monde occidental pétri d’individualisme.

o leçons tirées de ces expériences

Si je me place du point de vue de l’animation de communautés d’apprentissage ou de pratique, je constate la difficulté d’obtenir une participation ; la règle des 1/10/100 s’applique bien à plein : la contribution spontanée ne va pas de soi du tout.

Sur la base de mon expérience et dans le désordre, les pistes à approfondir pour obtenir le partage et la mutualisation me semblent être :

  • une implication de la direction et de la hiérarchie dans le projet avec, notamment, une communication adaptée et constante dans le durée

  • un contexte de management valorisant le partage et la mutualisation

  • une articulation forte du travail collaboratif avec les besoins des participants

  • le respect de règles d’organisation et d’animation de la communauté, notamment la distinction de rôles complémentaires

  • la valorisation des contributions et des productions et un encouragement permanent à la participation

  • une clarté des objectifs et du fonctionnement

  • le choix d’outils aussi simples que possibles (KISS) avec des fonctionnalités en forte adéquation avec le projet

  • une facilitation maximum de l’utilisation des outils et un accompagnement selon une posture proactive et une réponse dans des détails courts

  • une prise d’initiative des individus (logique d’empowerment) (le volontariat me semble être le point clé) en équilibre avec une aide à la fois efficace, discrète et constante

  • une montée en charge progressive de la collaboration, probablement avec un apprentissage mutuel de tous les acteurs impliqués, direction, management, animateur, techniciens et membres.

Je m’autorise à projeter quelques considérations sur les réseaux sociaux grands publics, malgré mon expérience plus limitée dans ce domaine, en ayant bien conscience qu’il ne s’agit pas des mêmes situations et en tenant compte de ce que j’ai pu comprendre du cMooc Itypa en tant que participant et qu’observateur des usages, il me semble que, pour que cela soit efficace, il faut réunir divers ingrédients :

  • la simplicité des outils et leur adéquation aux objectifs (mouvants) des collectifs et des individus

  • l’établissement progressif de règles claires de fonctionnement,

  • une forme d’organisation et d’animation –évolutive – du travail commun avec une attention particulière aux modes de délibération collective

  • une lucidité sur les mécanismes de pouvoir, de captation du travail, voire de manipulation en regard de la bonne volonté, de l’ouverture et des formes horizontales, démocratiques de délibération du groupe

  • un équilibre entre une forme d’exigence des productions visant un certain niveau de qualité couplée avec une forte tolérance et acceptation de la diversité des investissements

  • une articulation toujours à trouver entre les attentes, demandes, besoins et intérêts de chaque membre et le fonctionnement du collectif dans son ensemble

  • une vigilance dans l’évolution du collectif et l’adaptation aux phases de maturation de groupe constitué auxquelles n’échappent pas les groupes en ligne

  • une attention aux nouveaux arrivants dans un groupe déjà constitué (sauf groupe fermé dès le départ)

  • - …

Conclusion : une dérive fructueuse

Je suis sans doute déformé par ma pratique mais j’ai de la peine à croire que, sous prétexte que les RSN sont ouverts, que les groupes sont mouvants, que la participation est libre, que l’individu est souverain, etc., j’ai, donc, de la peine à croire que l’activité de collaboration sur ces réseaux échapperait à la nécessité du respect de certains principes et de certaines règles. Du moins si on se situe dans une optique de qualité de production, d’utilité du travail, d’efficacité dans la réponse à des besoins et de pérennité du collectif. Mais je ne demande qu’à être détrompé ; j’apprendrais alors quelque chose et cela mérite respect.

Je me suis pris au jeu de l’exercice et ai passé plus de temps qu’imaginé au départ. Et je ne sais pas si je suis resté bien en phase avec le sujet et la demande. Mais cet exercice m’a permis de prendre de la distance avec ma pratique, de mieux évaluer mon niveau de maîtrise, de clarifier quelques points de vue et de faire préciser ma représentation du réseautage social et de la e-collaboration. Ce qui n’est pas si mal.

Si, en plus, cela devait susciter quelques réflexions croustillantes, j’en serais ravi.

Bien du bonheur.

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