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Bilan (3/3) de mes apprentissages dans le MOOC ITyPA

23 Décembre 2012, 18:43pm

Publié par Pib

Ce billet clôt mon bilan du MOOC après les deux billets précédents :

Bilan (1/3) de mes pratiques individuelles dans le MOOC ITyPA

Bilan (2/3) de mes pratiques collectives dans le MOOC ITyPA

Pour effectuer le bilan de mes apprentissages dans le MOOC ITyPA, je repartirai des contenus clé abordés pendant le dispositif et je les présenterai selon la hiérarchie des objectifs que j’ai établie au début de mon parcours de formation.

3.1. Environnement d’Apprentissage Personnel et Réseau Personnel d’Apprentissage

Je suis parvenu à une vraie structuration de mon EAP qui se concrétise par une carte mentale de son organisation avec les fonctions principales et les outils correspondant. Cette carte est conçue pour permettre une réflexion sur l’évolution de mon EAP en vue de l’améliorer régulièrement. Je peux donc dire que mon objectif prioritaire a été entièrement réalisé. Il me reste à approfondir son usage sur les points les moins pratiqués.

Pour instrumenter mon EAP, j’ai découvert, au-delà de ceux que je pratiquais déjà, une pléthore d’outils Web 2.0, d’abord de façon quelque peu brouillonne puis structurée par ma carte mentale. Le niveau d’acquisition varie selon les outils :

  • Une vraie appropriation par un usage intensif et prolongé :

o soit en termes de découverte complète : Hootsuite, Evernote, Mention (flux RSS), Framadate, Framapad, Tagxedo, Citebite, Bitly,

o soit en termes d’approfondissement, notamment de fonctionnalités non utilisées auparavant : Overblog, Twitter, Diigo, Freemind,

  • Un repérage du fonctionnement pour un usage ultérieur sur la base de leur utilité pour mes objectifs : Hangout de Google+, Freeplane, MindMeister, ScoopIt, Storify, Wordpress,

  • Une imprégnation passive au fil des consultations qui a fait germer de nouvelles possibilités d’utilisation : cMaptools, JogtheWeb, Paper.li, Pipes Yahoo,…

  • Une simple découverte de l’existence de dizaines d’outils avec un stockage pour une exploration ultérieure : de collecte de l’information (notamment la diversité des moteurs de recherche) ; de diffusion, publication, mutualisation ; de partage de l’information ; d’agrégation et de filtrage des flux RSS ; de l’analyse des sources ; de surveillance de l’e-réputation,… J’en passe et des meilleurs.

Mais, au-delà de la découverte des outils et de leurs fonctionnalités, c’est plus leur classification par type et leurs usages qui constituent mes acquisitions principales autorisant leur application dans le cadre de mon EAP, de mon travail ou à titre personnel. Donc, plus que les outils isolés, c’est leur cartographie qui m’a permis de consolider ma vision de l’écosystème du Web 2.0.

Je fais un sort particulier au blog dans l’EAP du fait de la priorité fixée à mon objectif de publication et de la découverte de son efficacité pour l’apprentissage. Au départ, je restais interrogatif par rapport à l’exposition de soi, avec une réticence devant cette forme de narcissisme qui règne dans le monde des blogs. Et puis, je me suis aperçu que le fait de traiter de ses propres apprentissages, dans un objectif d’interrogation et d’objectivation décentrait la question sur un objet, certes impliquant, mais finalement assez banal. Et j’ai très rapidement dépassé la réticence à publier. L’expérience m’a montré que la capacité à se montrer, à montrer ses faiblesses, ses incertitudes, ses manques, ses questionnements, ses errances, ses impasses, ses découragements pour les identifier, les mettre à distance et en tension par les interactions avec les autres permettait de les transformer en nouvelles constructions de savoir et d’en ressortir enrichi et rééquilibré.

Je ne reviens pas sur la place centrale du blog, indiquée dans le billet précédent, comme support d’apprentissage en termes de formalisation, d’identification, d’évaluation des savoirs par des processus de métacognition du fait que je pratiquais déjà ce type d’exercice IRL. La différence est ici la visibilité donnée à l’exercice qui contraint à la clarté et à la lisibilité de la production.

3.2. Recherche et veille documentaire

Mon objectif d’apprentissage en matière de veille s’est déporté de la veille elle-même à une pratique assez systématique de la synthèse (plus que la curation) des articles retenus. Ce traitement est passé par une lecture approfondie des sources, une sélection des parties significatives et une mise en forme pour restitution. Cette posture d’appropriation m’a permis de consolider mes connaissances sur la collaboration et le travail à distance. Je ne suis pas passé à la mise en forme de mes connaissances dans ce domaine et celui du Learning qui étaient mon intention de départ mais les contenus que je me suis approprié sont disponibles pour des articles plus construits. J’ai donc bien avancé sur ce champ.

J’ai pu également me rendre compte à cette occasion que ma veille n’était pas aussi performante que je le croyais. Ainsi la découverte de la diversité des moteurs et des méthodes de recherche m’a fourni nombre de moyens d’être plus performant dans la recherche d’information. De même j’ai pu me rendre compte que je pouvais mieux classer et organiser mes signets (tags multiples, gestion de listes,…) et mieux utiliser les recherches des autres membres de la communauté Diigo. De plus, si j’ai porté plus d’attention à la qualité des sources, avec la vérification de la qualification des auteurs d’articles et des dates de publication et de mise à jour, il me restait à faire le ménage parmi les signets devenus obsolètes du fait des évolutions des technologies et des pratiques ou du fait de ma maîtrise de certains sujets au fil du temps. Cette maîtrise relative m’amène également à ne conserver que les articles les plus étoffés ou les plus riches. Enfin il me reste à mieux exploiter mon stock de ressources à l’occasion de projets ou de réflexions sur tel ou tel sujet. Une meilleure gestion des sources en constitue une condition de faisabilité.

Le MOOC m’a donc permis de revisiter mes pratiques de veille devenues assez automatiques et d’envisager des moyens de les revitaliser. Ceci apparaît d’autant plus important que la veille constitue le point d’entrée de l’EAP.

3.3. Apprentissage social

Mon objectif de passage de la recherche – consommation – stockage d’information à une contribution active et à la confrontation aux autres participants du MOOC, pour limitée qu’elle soit est en partie atteint.

L’appréhension de la diversité des façons d’apprendre de tant de participants, d’origines et de milieux si différents des miens, m’a appris à relativiser certains de mes points de vue ou positions pourtant argumentées (et à en confirmer d’autres).

Plus concrètement, mes apprentissages concernent divers domaines correspondant aux discussions suivies. Ainsi le positionnement de soi dans l’espace public virtuel ; les modes d’interaction et des pratiques sociales dans cet espace ; les postures, les attitudes et les stratégies favorables ou défavorables à l’apprentissage ; les questions relatives à la propriété intellectuelle ; les usages de divers outils Web 2.0, leur potentialités, leurs limites,… j’ai appris tout cela et bien d’autres choses à l’occasion des discussions que j’ai suivies attentivement ou auxquelles j’ai contribué.

Mes ambitions en matière d’interactions avec les autres étaient volontairement limitées mais le MOOC m’a permis de m’acculturer dans ce domaine et m’a fait passer d’une attitude positive de principe à une conviction de fonds et surtout il m’a montré les manières de faire, par l’observation et par la pratique.

3.4. Réseau social d’apprentissage

Je n’ai pas véritablement atteint l’objectif de constitution de mon réseau d’apprentissage et donc de passer de mon EAP (PLE) à mon RPA (PLN) mais j’ai bien balisé le chemin pour y parvenir.

Mon premier apprentissage dans ce domaine concerne une meilleure distinction entre Environnement Personnel d’Apprentissage, Réseau Personnel d’Apprentissage et Réseau Social d’Apprentissage. J’ai fini par comprendre qu’il s’agissait de niveaux différents et que les proportions d’apprentissage individuel et collectif y variaient au fur et à mesure des évolutions des pratiques dans le temps. De plus, j’ai aussi compris que les modes d’entrée dans ces univers pouvaient tout à fait varier selon les individus, certains participants du MOOC semblant spontanément se lancer directement dans les échanges et la constitution de réseau alors que d’autres cherchaient d’abord à consolider leurs acquis avant d’échanger et de contribuer. Il n’y a donc pas de règles ou de modes d’emploi uniques, c’est à chacun de construire son dispositif en fonction de ses projets, ses objectifs, ses habitudes et sa personnalité. Mais, en fin de compte, le résultat est de diversifier et d’enrichir ses stratégies et ses pratiques d’apprentissage par un dosage des divers ingrédients adapté à soi-même.

Plus largement, pour avoir réalisé une carte mentale sur le sujet pendant le MOOC, j’ai appris à mieux distinguer les médias sociaux dans leur ensemble des réseaux sociaux, d’une part, des réseaux sociaux d’apprentissage et des communautés d’apprentissage, d’autre part, mais aussi, et surtout, leurs usages et applications possibles. Je suis donc bien armé pour continuer à étoffer mes espaces d’apprentissage virtuels et IRL.

J’ai repéré de nouvelles personnes-ressources sur divers sujets (le mindmapping, les communautés de pratique, les questions juridiques, l’installation et la pratique de divers outils,…) susceptibles de constituer mon réseau social d’apprentissage.

Ces divers acquis relèvent d’une première approche du réseau social. Au-delà, mon apprentissage peut-être le plus déterminant a été de repérer, par une observation attentive, les stratégies, les attitudes, les procédés et les procédures de constitution de réseau d’apprentissage. Des réseaux sont nés sous mes yeux pendant ce MOOC et je me suis imprégné des façons de faire. J’ai pu constater qu’une fois lancé, les interactions se développaient régulièrement et le réseau s’étoffait assez spontanément. Parmi les ingrédients, j’ai pu repérer la conviction, la motivation, le dépassement de craintes, une constance et une régularité dans la participation, certainement des compétences sociales, des savoir-être (confiance, empathie,…) et d’autres savoir-faire qui ne sont pas que techniques. La leçon tirée pour moi est aussi que ces diverses postures, attitudes, savoir-faire et compétences ne pouvaient être des préalables au réseautage mais qu’ils se développaient aussi par la pratique elle-même. J’en conclus qu’il n’y a donc pas à réunir touts les ingrédients pour se lancer mais à se lancer pour compléter les ingrédients.

3.5. Initiation au MOOC

J’ai parfois été gêné par la réflexion régulièrement portée, par les animateurs et par les participants eux-mêmes, au fonctionnement du MOOC. Bien que comprenant que le cMOOC ITyPA était un objet nouveau en cours d’élaboration et bien qu’ayant un intérêt professionnel et personnel pour sa découverte, j’ai souvent estimé que cela constituait une complication inutile et que cela se faisait au détriment de l’objectif central d’élaboration de l’EAP.

Mais petit à petit, j’ai compris que l’apprentissage du MOOC, pour spécifique qu’il soit (étalement dans un temps donné, organisation minimum, équilibre entre animation d’une équipe restreinte et appui sur la communauté des apprenants, ressources minimum et apports par les participants…), cet apprentissage et la réflexion sur cet apprentissage se situaient au cœur des compétences à développer dans un EAP et un RPA. La pratique de ce type de MOOC s’avère donc complexe, avec des renvois en miroir entre pratique et réflexion sur la pratique, fonctionnement du dispositif lui-même et élaboration du dispositif personnel d’apprentissage, compétences du MOOC et compétences de son environnement et réseau d’apprentissage. Pas étonnant que cela m’a parfois fait des nœuds à la tête mais quel régal pour l’ingénierie de dispositif !

Plutôt que de me lancer dans l’analyse de ce cMOOC – qui reste à faire -, je tenterais de résumer ce que j’ai pu constater et développer en matière d’auto direction de ma formation qui est au cœur de son inspiration. Je les résumerais par une liste de compétences :

Auto positionnement des acquis antérieurs , Auto définition de son projet et de ses objectifs, Auto définition de son cheminement, Auto organisation de ses apprentissages, Autorégulation de son parcours, Autoévaluation de ses acquis, Autoanalyse de ses savoirs, Autoanalyse de son fonctionnement cognitif, psychoaffectif et social, Auto certification de ses acquis (et hétéro certification, par les pairs).

J’avais toujours considéré que ces grands classiques de l’autoformation relevaient d’une idée généreuse mais un peu théorique. Mais je constate qu’à l’usage, il est tout à fait possible de développer ces compétences et que, tout compte fait, passé l’étape de déstabilisation initiale et après avoir trouvé quelques repères, ils s’avèrent terriblement efficaces. Plus fondamentalement, ils amènent à une autorisation et une « auteurisation » de soi. C’est beau comme un manifeste mais il n’est pas resté dans le ciel des idées car ITyPA l’a fait !

Je briserai là.

Je tiens à remercier nos quatre valeureux moocsquetaires d’avoir eu le culot de se / nous lancer dans une telle aventure.

Dans l’attente des avatars de ce premier cMOOC francophone,

Pour compléter mes apprentissages,

Pour contribuer à ceux des autres.

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