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Bilan (1/3) de mes pratiques individuelles dans le MOOC ITyPA

18 Décembre 2012, 16:17pm

Publié par Pib

Le bilan du MOOC Itypa me donne l’occasion de re-parcourir les étapes du Mooc et de m’offrir une nouvelle élaboration de mes savoirs. Il me fournit quelques perspectives et un début de point de vue critique sur le MOOC.

 

Trois billets y sont consacrés : 1) Bilan de mes pratiques individuelles (celui-ci) 2) Bilan de mes pratiques collectives 3) Bilan du mes apprentissages.

 

1.1 Les étapes par lesquelles je suis passé

 

En tant qu’ingénieur formation consciencieux ayant une certaine pratique du travail et de la formation à distance, je me suis attaché dès début octobre à définir assez précisément mes besoins, mes objectifs, mes apprentissages et mon EAP.

 

J’ai alors engagé une phase de grande activité, avec une lecture et des essais gourmands de tout ce qui passait à portée de fourchette et commencé à poster quelques commentaires.

 

Puis j’ai connu une période de noyade, de déstabilisation et de fatigue. Pour résumer mon sentiment : « trop, c’est trop » et « quel bordel cet Itypa ».

 

Ce fut ensuite, après une pause, une phase d’acceptation-résignation de ne pas tout faire, de perdre des informations. Je me suis alors recentré sur mes objectifs de traitement de l’information collectée dans ma veille, sur la lecture systématique de la lettre Itypa avec bookmarking des liens les plus utiles à mon EAP et à mes objectifs.

 

Après cette longue phase de bookmarking intense, j’ai expérimenté à nouveau un sentiment de surcharge et la frustration de peu entrer en contact et de peu collaborer mais la satisfaction d’obtenir quelques retours sur mes billets et d’être parfois cité dans la lettre Itypa m’ont remotivé.

 

J’ai traversé alors une phase de revisite ou de découverte d’outils mais essentiellement en fonction de leur utilité pour mes objectifs et mon EAP avec, à la clé, la décision de les garder ou de les rejeter.

 

Cette mise en action m’a requinqué puis j’ai connu une nouvelle phase de saturation des outils, après l’émerveillement des si fabuleux jouets tombés du ciel comme neige en hiver. A me dégouter du père Noël. Je me suis aussi fatigué de l’analyse du fonctionnement du Mooc et des théories d’apprentissages si éminemment connectivistes, socioconstructivistes,… de l’auto analyse des fonctionnements cognitifs et des états d’âme de tel ou telle.

 

Une phase de recentrage sur l’activité de traitement de l’information des signets récoltés s’en est suivie. Je me suis astreint à passer d’un résumé souvent automatisé du contenu à une synthèse de l’information, dans une optique d’appropriation et d’apprentissage véritable. J’ai eu le sentiment de m’enrichir et d’apprendre.

 

La réflexion sur les leçons à tirer des média et des réseaux sociaux numériques a déclenché un changement de posture : après avoir publié par à coups sur ce blog et m’étant rendu compte que, finalement, la publication n’était pas si difficile, une fois dépassée l’appréhension à se montrer, je me suis demandé sur quoi jeter mon dévolu.

 

Cela m’a permis de passer à une phase de participation à deux pads de prise de notes en temps réel, pendant le hangout et de contribution au pad de réflexion sur l’après Itypa.

 

Enfin, la phase de bilan qui se clôture avec ce billet m’a amené en quelque sorte à boucler la boucle avec un recensement de mes apprentissages et sans doute une identification et une évaluation plus objectives de ceux-ci.

 

Si cette revisite de mon cheminement d’apprenant dans ce MOOC est en partie une reconstruction, celui-ci a bien reposé sur cette alternances d’activité, de déstabilisation et de reconstruction en me fiant à la boussole de mes objectifs. Cette alternance est, certes, assez classique dans l’activité d’apprendre mais je ne l’ai identifié qu’après coup.

 

En un mot, dans le cMooc, le bordel constitue le terreau de l’auto construction de son savoir. Pas si évident à capter, mais finaud... et puissant. Une pilule douce amère quoi.

 

1.2 Ce qui a favorisé mes apprentissages

 

Très clairement les ingrédients les plus structurants pour apprendre dans ce Mooc ont été les apéritifs i.e. les ressources avant les conférences synchrones, puis les conférences synchrones hebdomadaires elles-mêmes, la lettre quotidienne (surtout) et les questions-réponses sur les divers forums. C’est ce qui m’a permis de mettre un peu d’ordre dans le désordre ambiant.

 

Ensuite viennent les ressources pléthoriques fournis par les divers contributeurs, éparpillées sur divers supports mais repérées par le fameux hashtag #itypa. Mais ces ressources n’ont eu de valeur qu’après appropriation de leur contenu.

 

Enfin la lecture, disons buissonnante, mais généralement éclairante des billets de blogs et les posts des divers forums ainsi que les réponses obtenues à mes questions ont eu une part importante dans mon apprentissage.

 

Mais, de façon probablement la plus fondamentale, c’est la formalisation lors de la rédaction de mes billets de blog qui a été la phase la plus déterminante de la construction de mes connaissances. Car cela a été l’occasion de l’intégration. En un mot, « sans blog, pas d’EAP ».

 

C’est en fait sur la base des allers-retours constants entre ces différents points d’ancrage que se sont construit mes nouvelles connaissances, par les interactions entre ordre et désordre.

 

1.3 Ce qui a défavorisé mes apprentissages

 

Je pointe dans le désordre les éléments défavorables :

 

  • Le fait de ne pas avoir eu au départ d’explication - ou une explication sommaire - du fonctionnement du Mooc : auto direction (ça je savais), apprentissage non linéaire (j’ai découvert après), le foutoir, organisé au minimum (assez déstabilisant), avec un programme riquiqui (10 conférences) et 1399 inconnus au départ (sur 1400).
  • L’absence de clarté de l’organisation du Mooc m’a souvent porté sur les nerfs. Par exemple :
    • Au début, j’ai cherché plusieurs fois le lien vers les séances YouTube , ce qui a fini par être réglé quand il est apparu  sur le site en colonne de gauche sous la rubrique « La réunion », 
    • La même chose est valable pour la localisation des divers Framapads, du Trello de gestion des projets collaboratifs, du GoogleDocs de programmation des activités communes et du WikITyPA, pour ce que j’ai pu identifier.

A mon avis, plus un dispositif est ouvert et éclaté, plus il doit y avoir de moyens de trouver rapidement et intuitivement l’information. Même si beaucoup d’efforts ont été faits dans ce sens, dont la mindmap de page d’accueil et la réorganisation des forums, par exemple, l’équilibre ordre / désordre reste à trouver dans le dispositif.

 

  • Les outils fermés (avec mot de passe) ont été une vraie galère : je cherche toujours celui du webchat QuakerNet IRC et celui de de l'accès à la messagerie Gmail de communication du groupe de collaboration. Ceci  a failli me faire abandonner ma tentative de collaboration sur les pads.
  • l’éparpillement des informations et l’absence de lisibilité, y compris à ce jour, entre les divers supports et les diverses réflexions qui se renvoient des unes aux autres. J’ai ainsi appris par hasard l’existence du questionnaire Compétences qui viendrait alimenter la réflexion du pad « Après Itypa » : d’où sortait-il ? Comment en était-on arrivé là ? Comment les choses s’articulaient-elles ? Quel était le comité organisateur (fondamental) ? Après envoi par le mail capitypa@gmail, je n’ai pas eu de réponse à mon message à ce jour. Finalement, après avoir retrouvé le mail d’Audece , celle-ci m’a gentiment fourni les liens vers les supports-clés de la collaboration. J’ai commencé à consulter le Trello, le GoogleDocs de répartiton du travail et ai pu en partie reconstituer le cheminement mais je n’ai pas encore tout compris. Sans doute la participation aux hangouts de régulation de la collaboration et une participation plus régulière et moins par à coups au Mooc, m’auraient permis de saisir plus vite le fonctionnement mais mes obligations professionnelles ne m’ont pas permis de le faire.

 

Je n’insiste surtout pas ici pour critiquer l’investissement de ceux qui ont eu le courage de se lancer dans cette vaste et riche opération en structuration permanente mais simplement pour illustrer l’importance d’un accès facile à l’ensemble des espaces susceptibles d’intéresser les participants. En un mot de faciliter techniquement l’accès aux outils car il y a déjà suffisamment d’autres obstacles à surmonter pour se lancer dans la collaboration.

 

  • La surcharge informationnelle, les RT et FWD débridés et, à côté de contributions fort instructives, les commentaires superficiels, redondants, hors sujet : ce n’est pas possible, je ne sais pas si c’est nerveux mais il faut arriver à contrôler au moins le RT ou alors on va périr étouffé ! Heureusement, les traces numériques ne sont pas pérennes : les archéologues de l’an 3000 n’auront que quelques carcasses de CD ROM pour retracer l’« Ère du Twit fou » et ils risquent de formuler les hypothèses les plus farfelues sur la circulation de l’info de cette ère dite numérique. Comme j’aimerais avoir écho des querelles d’experts de ce lointain futur ! En un mot : trop c’est trop.

 

  • La disponibilité : mes obligations professionnelles m’ont obligé à limiter le temps passé sur Itypa. Mais alors, là, si je comprends qu’un retraité, q'une personne en année sabbatique ou en congé parental, qu’un chômeur, qu’un individu disposant de moyens lui permettant de moocquer ad libitum sans avoir à travailler, qu’un chercheur sur les Moocs et sur l’essence de la moocquitude, qu’un très gros travailleur avec de fortes capacités de concentration ou un martien aux facultés décuplées par le bombardement incessant des photons,... que tous ces gens, sur un un mode chosi ou subi, puissent passer des journées entières sur le Mooc, je ne vois pas comment ils ont pu contribuer et produire autant. S’il y a des recettes, je suis preneur. Par ailleurs, l’annonce des 3h par semaine de travail personnel pour suivre le MOOC apparaît comme une vaste blague. Bien sûr, c’est à chacun de décider du temps qu’il veut et surtout peut consacrer à son autoformation en fonction de la plus ou moins grande ambition de ses objectifs mais il est évident que cela suppose plus de 3h.

 

Cette juxtaposition de points ne peut donner une vision articulée de la critique nécessaire du MOOC ; une réflexion plus structurée serait à mener pour contribuer à une (ré)-ingénierie de ce 1er Mooc francophone. Mais ces divers points présentent les particularités d’un pharmacon : à la fois poison et remède :

 

a) la déstructuration du Mooc a pu être assez déstabilisante mais c’est une nécessité pour y projeter de l’ordre à travers l’auto élaboration de ses objectifs d’apprentissage

 

b) L’organisation du Mooc constitue une aide pour conduire ses recherches mais s’il y en avait, disons beaucoup plus, on risquerait de retourner vers un dispositif d’hétéro apprentissage.

 

Quoiqu’il en soit, il y a là un beau challenge d’ingénierie de ce dispositif un peu foutraque et si captivant

 

1.4 Ce qui m'a permis de me diriger dans ce cheminement

 

Une partie de la réponse est présente dans le développement ci –dessus, en résumé :

 

  • La formulation au tout début du MOOC des mes objectifs d’apprentissage et la recentration régulière sur ceux-ci à chaque phase de déstabilisation ont tenu lieu de boussole pour arriver à bon port, jusqu’aux entrepôts de stockage de mes nouvelles connaissances.

 

  • Plus que le blog lui-même, l’occasion de formalisation et de réflexion critique que ce support a permis, a facilité l’identification de mes savoirs en émergence, de les évaluer plus objectivement, de réguler mon cheminement  et de prendre de la distance pour passer à leur critique. Cette posture métacognitive a été véritablement l’élément le plus structurant. Cela pose la question des pré-requis du cMooc : jusqu’à quel point faut-il maîtriser cette capacité d’auto cognition pour bénéficier à plein de ce type d’apprentissage ?   

 

  •  La reconnaissance par les animateurs et par les pairs à travers, notamment, la sélection de quelques liens vers des billets de mon blog dans la lettre d’Itypa et (une fois !) dans un article de Thot Cursus, d’une part et la manifestation d’intérêt au détour d’un blog ou d’un tweet  pour une idée ou une production issues de ma petite tête, d’autre part, ont constitué des vrais facteurs de motivation à poursuivre l’aventure. On pourrait dire qu’un bon équilibre entre l’autoévaluation des savoirs et l’hétéro appréciation des animateurs et des pairs constituent les deux mamelles ( !) auxquelles nourrir la motivation et l’engagement dans l’apprentissage.  

A la relecture du fonctionnement du MOOC, je constate que, dans Itypa, tout y était mais il fallait le vivre pour intégrer son fonctionnement.

 

Suite de mon bilan :

Bilan (2/3) de mes pratiques collectives dans le mooc itypa

Bilan (3/3) de mes apprentissages dans le MOOC ITyPA